Rendez-vous place des Grands Zobs

Alors, regarde, regarde un peu... on trouvait déjà saugrenu la tenue du festival FEMMES!, alors un "festival HOMMES!", ce serait le pompon. Et pourtant, on a trouvé l'évènement qui pourrait être rebaptisé ainsi grâce à sa programmation centrée sur cette minorité opprimée et sous-représentée. Ça sent le musc et les tarifs exorbitants, voire pire.

mazette !
4 min ⋅ 25/04/2026

FESTIVAL — LE SON BY TOULON /// Nous sommes donc en 2026, dans une société occidentale où la majorité de la population dispose d’un bon accès à l’eau et à l’éducation et l’on discute encore de l’égalité des droits des minorités mais aussi, et encore, et toujours, de l’égalité hommes-femmes. Et tout commence toujours par une histoire de visibilité et de représentation. Quand Donald J. Trump, notre démoniaque sénile qui met le monde à feu et à sang, reçoit l’équipe de tennis féminine de l’Université de Géorgie, on voit les joueuses en format mini-pocket à l’arrière-plan du cliché officiel. Quand le festival «responsable et solidaire» Le Son by Toulon, convoque les représentants des musiques actuelles pour incarner  «un rendez-vous incontournable» de l’été, on peut donc compter sur un plateau de diversité musicale. Ben non. C’est vrai que l’on manque de chanteuses de talent dans notre pays. À part une soprano et des choristes, il n’y a que des hommes en tête d’affiche. Comme l’année dernière. Certes, c’est un poil moins vieillot — Polnareff, Simple Minds, Ibrahim Maalouf ou un Eddy Mitchell finalement forfait étaient sur la liste. On note cette année la présence de Ben Harper, Charlie Winston, Big Flo et Oli, Tayc, The Avener, Mika, Damso et… de Patriiiiick Bruel. Une enquête en cours, deux plaintes déposées, 8 femmes accusent, mais notre vieux crooner se pavanera sur scène auprès de son public féminin et forcément hystérique, qui ne peut pas croire que Patriiiiick serait un serial agresseur sexuel, comme d’autres vieux beaux et moins beaux, de DSK à PPDA en passant par Depardieu et Hulot. Présomption d’innocence, mais pas de bon goût. Qui aurait pu prédire que dans une ville et une métropole dirigée par une femme, ces bons vieux relents de la domination masculine se voient confortés, mis en valeur : le mâle vedette, les femmes en groupie ou en choristes ou à l’accueil et le monde continuera d’aller bien comme au bon temps jadis d’antan d’autrefois la vraie France. La Bretagne a le festival légendaire des vieilles Charrues, à Toulon, ce sera le festival des vieux mascus. M.M.

📍 Parvis du Zénith — Toulon
🗓️  Du 12 au 25 juillet 2026
👛 Tarifs de 46 à 99,50€
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EXPOSITION — BONNES MÈRES ///  On ne saura toujours pas à l’issue de cette exposition qui de la poule ou de l’œuf est venue en prems, mais on aura le droit à une visite extensive de la représentation de la maternité à travers les arts et les âges. Sociale, politique, biologique, artistique, la question de la maternité domine le monde. Qu’elle soit divinisée, encensée ou limitée à une arme de reproduction massive, la maternité s’impose comme la question existentielle de nos sociétés et de leur pérennité. « La maternité a souvent servi à justifier une domination « naturelle » des hommes sur les femmes, dit la co-commissaire de l’exposition et présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Maillefert. Nous voulons au contraire donner à voir la maternité comme sujet politique et espace d’émancipation. L’exposition valorise les mères comme actrices de la société, renversant l’idée que la maternité serait seulement un enfermement dans l’intime. » L’exposition se découpe en trois sections en s’ouvrant sur les imaginaires liés aux figures traditionnelles de la mère. Les associations entre œuvres anciennes et contemporaines donnent du relief au message porté : le droit des femmes à disposer de leur propre corps. M.M.

📍 MuCEM — Marseille
🗓️ Jusqu’au 31 août 2026
👛 Plein tarif 11€
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CINÉ-RENCONTRE — HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE ///  Issue d'une famille bourgeoise de parents impliquée dans la Résistance, Hélène Hazera naît en 1952 dans le 16ème arrondissement de Paris. La fin de son adolescence est violente : elle est internée en hôpital psychiatrique à 17 ans, sous un diagnostic de bipolarité et traverse une période suicidaire. En rupture familiale, elle se retrouve sans ressources, prépare le concours de l'Idhec (l'ancêtre de la Fémis) avant que le directeur, dit-elle, ne lui en bloque l'entrée. Elle se tourne vers la prostitution. Elle fait sa transition en 1973 et devient journaliste et spécialiste de la chanson francophone. Elle officiera pendant de nombreuses années à Libération et France Culture tout en militant activement pour les droits humains.
« Je suis minoritaire, et à partir de cette constatation, je suis solidaire des autres minorités. Sans parler à leur place. »
Hélène Hazera, intellectuelle et figure du militantisme transpédégouine a droit à son film ! C’est une célébration de la lutte sociale, des combats intellectuels dans la joie et la détermination. De ce destin individuel hors-normes et du dialogue qui s’établit entre la réalisatrice Judith Abitbol et la révolutionnaire, ex-membre des Gazolines et du FHAR, s’invite le portrait des évolutions sociétales de la fin du XXe siècle. Le film, sorti début avril, poursuit sa carrière en salles avec une tournée en région Paca où la documentariste présente son travail au long cours et rencontre le public. M.M.

📍 Le Royal — Toulon, mar. 28 avril à 20h30
📍 La Baleine — Marseille,  jeu. 30 avril à 20h30
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SEUL EN SCÈNE — OCÉAN : L’INFILTRÉ /// Le monde se sépare entre ceux qui sont persuadés que tout est écrit et prédéterminé et celleux qui ne croit pas au destin subi, mais au libre-arbitre, à la libre disposition de son corps. La transidentité interroge, même les esprits les plus affranchis. Elle déroge à la règle d’or binaire de la biologie. Le parcours d’Océan, qu’il documente abondamment entre spectacles, films et chroniques, participe à rendre plus lisible les histoires des personnes trans, mais aussi des regards que les personnes « cis », hétérosexuelles ou homosexuelles, portent sur elles. Son nouveau spectacle porte la volonté d’être pédagogique, non pas uniquement sur la transidentité mais plus largement sur la construction du genre et de la binarité sexuelle, à partir de sa trajectoire personnelle. Le spectacle s’inscrit dans les pas des Petites conférences qu’il a présenté en novembre dernier à la Scène nationale de Toulon. Avant ou après le spectacle, la série Océan, est à découvrir en replay sur la plateforme de France Télévisions. M.M.

📍Le Liberté, scène nationale — Toulon 
🗓️ Du 5 au 7 mai 2026 à 19h30
👛 Tarifs de 5 à 30€
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CONCERT — JOULIK/ LA CLARA SOFIA /// Allez on termine notre voyage au cœur du Wokistan avec un nouveau concert organisé par Tandem. Après avoir évoqué les femmes (ou leur absence), les mères, les trans, ne voilà t’y pas que l’on s’évade dans les grands espace de la World Music, les musiques métissées ! Ferait-on l’éloge de la diversité dans cette infolettre sudiste ? Le panégyrique de l’hétérogénéité et de l’héteroclitisme ?… Trop d’hétéro dans une phrase, appelez les pompiers pour sauver les ultragays en PLS. Oui, on aime le monde, on aime voyager sans alourdir notre bilan carbone tout en prenant des photos instagrammables d’un concert qui dépayse. Comme l’indique la promo du quartet Joulik « Chaque titre est une escale rêvée, un pont tendu entre les cultures. Les voix, tressées avec art, dessinent une fresque sonore en mouvement, à la fois enracinée et libre. » Et on bascule des Andes aux Balkans en un set. La Clara Sofia chante elle en anglais ou en portugais une pop alternative qui sent un peu le Brésil. Allez, bisous. M.M.

📍 Théâtre Denis — Hyères
🗓️ Sam. 9 mai à 20h30
👛 Tarifs de 12 à 16€
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mazette ! c'est déjà fini.
Venez faire coucou sur Instagram @mazette.info

Icônes : Flaticon
Visuels par ordre de défilement : LE SON BY TOULON — DR / BONNES MÈRES — Fatima Mazmouz, SuperOum Zelij - Mères Culturelles, 2022. © Adagp, Paris, 2026 / HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE — DR / L’INFILTRÉ© Pauline Le Goff / JOULIK — © Clément Puig

mazette !

Par matthieu mas & cie

Après avoir œuvré comme enseignant, vendeur de sex-toys et traducteur, je travaille depuis près de 20 ans dans le domaine de la communication culturelle. Normand né à Marseille et finalement débarqué à Toulon en 2017, j’ai le cœur Méditerranée et comme un besoin irrépressible de partager l’actualité culturelle qui suscite ma curiosité, réveille mes passions et qui, je crois, mérite le détour. D’où l’idée d’une gazette, c’est à dire un “ écrit périodique donnant des nouvelles politiques, littéraires, artistiques”. MAS + GAZETTE = MAZETTE ! Mais comme j’aime la solitude partagée, mazette ! fait appel à des complices éclairés pour enrichir la liste des envies !

LES COMPLICES

M.T. Outre sa passion pour les drones, M.T., avec un T comme « torpédo au fond des eaux », aime donner son avis, sans se la ramener. Journaliste de presse écrite, M.T. a depuis longtemps quitté les salles de rédac pour les sphères, pas très « hot » mais néanmoins haletantes, de la communication, sur un territoire qui foisonne. Alors, quand sur le chemin de son quotidien, elle rencontre mazette !, sa plume frétille et son encre coule. Quelques recos bien trempées par-ci par-là, histoire de donner du relief à tout ça.

A.L. Journaliste le jour, fêtarde la nuit ou l’inverse, pour qui Provence et Côte d’Azur riment aussi avec culture. A.L. est une insatiable curieuse et son expérience des soirées endiablées, d’échappées culturelles ou plutôt natures, gourmandes ou sportives en font notre complice des bons plans du coin. Son atout : écumer chaque recoin pour rencontrer des talents, dénicher de nouveaux lieux, voir, lire, apprendre pour transmettre ses découvertes, encore et toujours.



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